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Re: l' ART

Subject: Re: l' ART
From: liaM
Date: Thu, 04 Oct 2007 09:15:13 +0200
Newsgroups: fr.sci.philo, fr.sci.psychologie, fr.sci.psychanalyse


cassian st lazarre wrote:
On 3 oct, 18:17, liaM <cud...@xxxxxxxxxxxx> wrote:
cassian st lazarre wrote:
On 3 oct, 10:56, liaM <cud...@xxxxxxxxxxxx> wrote:
cassian st lazarre wrote:
On 1 oct, 22:56, liaM <cud...@xxxxxxxxxxxx> wrote:
cassian st lazarre wrote:
On 28 sep, 15:03, Sourire <karine...@xxxxxxxxxx> wrote:
Uzume a écrit :
Certes l'éducation joue un rôle , ne serait-ce que par la notion
d'appartenance à un groupe, une culture, qu'elle développe. Ainsi la
notion de "joli" ou de "bon" est entièrement liée à l'éducation, à la
mode, à l'époque, au lieu géographique.
Par contre le beau, qui n'a pas besoin d'être "joli", il est universel
par ce qu'il dit à l'homme de tout l'homme.
La preuve nous sommes tous quelle que soit notre éducation sensible
aux peintures pariétales ; à la Joconde ( c'est un exemple hein, pas
vraiment mon goût à moi ) ; j'ai toujours été ravie par le bonheur de
"mes" gamins trisomiques 21 lorsque je leur faisais écouter de la
musique, même aussi complexe que du Malher ou aussi dépoulliée que du
Satie par exemple. Tu fais voir des photos de Salgado, dont je
parlais à Félix, à des gamins "des quartiers" comme on dit, ils les
trouveront belles, je le sais, je l'ai expérimenté. D'ailleurs
Salgado  lui même dit " Nous ne formons qu'un seul peuple; nous ne
sommes probablement qu'un seul et même homme " . C'est cet acte de foi
qu'il répète sans cesse dans chacune de ses photos, uniques, et c'est
ce qu'il communique à chacun qui les regarde et de mon point de vue
c'est ça le lien qui fait la différence entre le "joli" et le beau, le
"joli" et l'art;
Oh oui, et comme c'est bien raconté !
A mon tour, alors !
Un jour que j'étais au plus mal, je tombais par hasard sur Mozart,
Concerto pour clarinette Adagio, et je l'interpelais ainsi :
Comme c'est étrange ce que tu viens d'accomplir !
M'envoyer une zig triste, et, ce faisant me consoler de ma tristesse.
La clarinette, bercée par les cordes, murmurait une mélodie tendre qui
exhalait, avec ses mouvements descendants, une sorte de tristesse
sereine. Au début, j'ai bien pensé que tu m'envoyais cet adagio par
sympathie, juste pour me prouver que tu avais connu, toi aussi, le chagrin.
Puis le morceau continua et je m'aperçus que tu me disais autre chose.
Quoique douce, délicate, la clarinette refusait de flêchir, de céder
à la déprime, de blêmir; elle remontait, elle chantait, elle
s'épanouissait. Le chagrin se transfigurait. De ton sentiment, tu
faisais une oeuvre.
La tristesse s'était muée en beauté.
Je laissais couler mes larmes. Pleurer, enfin.
Depuis que j'affrontais l'agonie de mes proches, je n'avais plus pleuré.
Pleurer. Puis Accepter. Grâce à toi, j'acceptais. Oui, je crois que
j'acceptais aussi. Quoi ?
Accepter l'inévitable tristesse. Consentir au sens tragique de
l'existence. Ne pas se raidir contre la vie en la niant. Cesser de la
rêver autre qu'elle n'est. Epouser la réalité. Qu'elle qu'elle soit.
Tu m'offres la sagesse de dire << oui >>, alors que mon siècle, ma
formation intellectuelle, nos idéologies me donnent l'illusion d'être
forte en opposant un << non >>.
Ce jour, je me suis pardonnée. Pardonnée de ne pas avoir le pouvoir de
changer l'univers. Pardonnée de ne pas savoir rivaliser avec la nature
quand elle nous détruit. Pardonnée de n'avoir comme arme que ma seule
compassion.
Ce jour-là, je me suis pardonnée d'être un humain.
K-reen
belles paroles pour Se bernée
Chuis d'accord;  l'art c'est aussi "Voyage au bout de la nuit", "Notre
dame des fleurs", "l'education sentimentale", "Wozzeck" d'Alban Berg,
"Tropic of Capricorn".
Gardez les pieds sur terre, l'art n'est pas que du beau.
l'art de mentir
l'art de convaincre
l'art oratoire socrate , menexene gorgias
avec certains modes d'art on peut aussi faire n'importe quoi
Qu'en pensez vous ?
Souvent les personnes deviennent artistes étant victimes  d'obscurs
oedèmes sentimentaux.
  Cézanne, par exemple, qui peignait des  montagnes et des pommes égales
à des seins et des fesses de femme, et des baigneuses nues et des
portraits d'hommes et femmes comme si tous étaient des objets sur un
plateau pour une nature morte.  Cézanne qui mourrait de timidité, qui
sursautait au toucher, même accidentel, d'autrui (même celui de son fils
encore enfant).  Cézanne qui était un frustré du sexe.
Cette transposition psychosomatique entre fesses = pommes, montagne =
sein d'une femme, fut l'influence qui domine tout l'art du XXieme siecle
à partir du cubisme jusqu'à Rrose Sélavy.  C'est de là que nous avons
pour notre plus grand amusement les "n'importe quoi" d'artistes tels
que Matisse, Picasso, Dali, Duchamps, Bacon, Moore, etc.
Qu'en penses tu, crois-tu comme tant de gens creux, que l'art n'est
que l'affaire de dollars ?
l'artiste est le premier menteur, car il se ment en premier ?
Je crois autre chose.  L'artiste est le premier a s'ennuyer des
historiettes vaines qui remplissent la vie de gens normaux : l'artiste
s'ennuie de se connaitre trop bien.  La timidité et les fragmes sexuels
de Cézanne devaient l'ennuyer à mort (en plus de le faire souffrir)

gens normaux n'est ce pas déjà se mentir ?

Non. Nous évitons de mentir. Si ce n'était pas le cas, nous serions incapable de progresser à travers les étapes de la vie. Nous aurions des consciences lourdes, armées, et dépenseuses en énergie comme un tank
de l'armée sur notre ligne Maginot.

je pense que nous connaissons mieux  les autres que nous même pour
peut que l'on observe et aussi je pense que celui qui observe et
admire est aussi un artiste.

C'est vrai, mais celui là ne vend pas beaucoup de tableaux ;)


La pensée avant les mots je ne pense pas que cela soit de l'art, car
inconscient, ensuite peut être


Nous sommes devenu les artistes d'une conscience collective qui se reveille.

Sourire.




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