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Re: Ironie du fort.

Subject: Re: Ironie du fort.
From: Max
Date: Wed, 27 Jun 2007 19:51:02 +0200
Newsgroups: fr.sci.philo


Il faut bien comprendre tout d'abord ce qu'est un animal complet et non se limiter à son aspect incomplet, abstrait.

Un animal, c'est d'abord un paquet d'atomes mis en forme. Ces mises en forme donnent des cellules. Ces cellules donnent des organes, des muscles, agencés autour d'un squelette, etc... et tout ceci donne des membres qui s'articulent chacun autour de l'autre, et chacun possède une fonction dépendante de la fonction d'un autre, nous avons affaire non pas à un mécanisme, mais à un organisme - au sens large.

L'Homme sur ce point, ne diffère en rien de l'animal, il apparait juste quantitativement plus complexe ("il a plus de complexité") que tout autre animal. Par complexité d'un système j'entends "quantité d'information permettant de décrire le système".

Ce surplus de complexité n'est pas sans conséquences, car aussi faible apparait-elle matériellement, aussi grand est ce qui en découle - que je développe ci-après.

En considérant un animal, seul, on ne considère qu'une partie de l'animal. Et attention, ceci est très subtile : l'animal complet n'est pas seulement le corps que nous avons là, il est aussi son comportement, ses actes, sa vie, son environnement, et l'histoire de ses ancêtres, de toute son espèce.

C'est vraiment pas facile de bien comprendre ceci, car on pense couramment que l'animal - ou toute autre chose - là en face de nous, n'est *que* l'animal en tant qu'il apparait singulier dans l'espace et le temps à nos sens en tant que matière palpable condensée.

Prenons un arbre, il est aussi ce dont il se nourrit, il est ses profondes racines jusqu'à la terre elle-même, le soleil, l'atmosphère, l'eau etc... en gros, toutes les conditions qui permettent à cet arbre d'être là, plus ce qui lui donne fonction d'arbre en tant qu'arbre, en quelque sorte, sa "forme comportementale" qui lui donne un lien de parenté avec tout autre végétal.

Prenons aussi une pierre. Une pierre n'est pas seulement cet espèce de petit agglomérat de matière, mais elle est aussi toutes les forces d'érosion qui lui a donné forme dans différentes conditions de pression et de température, dans différents milieux.

Pourquoi dis-je que la pierre est ainsi ? Parce si vous enlevez soit le petit agglomérat, soit les forces d'érosion, l'un ou l'autre n'aura plus de sens d'exister. On ne peut considérer - et ceci est valable pour toute chose - le petit agglomérat sans considérer en même temps les forces d'érosion qui en est l'origine. Et l'inverse est aussi valable. Le concours des ces forces dans un milieu donné vont engendrer nécessairement des pierres.

Il en est de même pour l'Homme : il n'est pas que l'agglomérat de matière qui se construit depuis la naissance jusqu'à la fin de l'adolescence. Cet agglomérat n'est que la manifestation tangible matérielle d'un ensemble de concours de forces. L'Homme est bien autre chose encore, il porte en son être sa culture, sa société, sa famille, enfin toutes ce qui s'est condensé en lui durant sa vie, que ce soit des idées, des impressions, des sentiments, des actes, etc... pouvant provenir de très loin dans le passé.

Donc l'Homme est un animal, sur le plan physico-biochimique oui. Mais nous ne parlons alors que d'un morceau d'animal et d'un morceau d'Homme : l'Homme-biologique est un animal-biologique. Mais l'Homme-idéel n'a rien à voir avec l'animal, puisque ce dernier n'a pas de composante idéelle (ou culturelle - culture de l'Idée - en gros).

Ce que nous connaissons de ce qui est strictement animal ne nous permettra par exemple jamais de comprendre comment l'humanité, au travers d'un homme, a put engendrer une Suite de Bach ou un tableau de Kandinsky.

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